Christine Lagarde nommée mondialiste de l’année par l’élite canadienne

Mondialiste de l’année ? Oui, vous avez bien lu. En effet, le Conseil international canadien (CIC) a une fois de plus décerné cette année ce prix au nom plus qu’évocateur quant à la nature de cette organisation qui a été fondée en 1922.  Christine Lagarde, la directrice du Fond monétaire international, a été choisie pour recevoir le prix de la mondialiste de l’année lors d’un gala luxueux qui se tiendra au Ritz-Carlton dans la ville de Toronto le 25 octobre prochain.

Après Pascal Lamy (directeur de l’OMC) et le financier international George Soros, c’est Christine Lagarde qui aura l’occasion de recevoir les félicitations de l’establishment canadien pour son travail de destruction de la souveraineté économique des nations (en particulier en Europe) à la tête du Fond monétaire international, une institution mondialiste par excellence.

Lors de ce gala, Madame Lagarde sera présentée au gratin de l’élite mondialiste canadienne par le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, un vétéran de chez Goldman Sachs qui a dédié 13 ans de sa vie à cette banque surpuissante. Ces deux derniers ont sûrement eu l’occasion d’échanger quelques mots lors de la réunion Bilderberg en 2011 à St-Moritz lorsque Christine Lagarde a été confirmé par les puissants de ce monde à la tête du FMI et pendant que Mark Carney était choisi pour diriger le Comité de stabilité financière à cette même réunion.

La présidente du CIC, Jennifer Jeffs, a dit de Madame Lagarde pour l’occasion qu’elle était « une leader et une visionnaire » et a ajouté, qu’à la tête du FMI, « elle travaille sans relâche afin d’encourager la coopération monétaire mondiale » en plus de « faciliter le commerce international ». De beaux mots qui cachent en fait les véritables objectifs de Christine Lagarde et du FMI : soit de mettre tous les pays sous la tutelle financière du FMI et consolider le pouvoir économique mondial des réseaux d’élites internationales.

Un évènement conçu par les riches et pour les riches

Si vous êtes un simple citoyen de la classe moyenne ou plus pauvre encore, vous ne pourrez malheureusement pas assister à cette remise de trophée puisque le prix d’une table pour ce gala oscille entre 10 000$ et 100 000$. Ce gala n’est accessible qu’aux grandes entreprises qui peuvent commanditer l’évènement et payer la somme requise. Bref, c’est un party entre riches mondialistes qui aiment bien s’autocongratuler et se flatter leurs gigantesques égos.

Le CIC, une vieille institution mondialiste

Avant de s’appeler le Conseil international canadien, cette institution a été fondée en 1922 sous l’appellation Institut canadien des affaires internationales par les membres canadien d’un mouvement international nommé le RoundTable movement. Le mouvement RoundTable était une institution informelle fondée par une société secrète qui  a porté plusieurs dénominations comme la « société secrète de Cecil Rhodes », le « groupe de Milner » ou le « Cliveden Set ». Selon l’historien Carroll Quigley, cette société secrète, créée en 1891 par plusieurs franc-maçons, a eu une influence indéniable sur l’histoire du monde et ses évènements les plus importants, incluant la première et la deuxième guerre mondiale. De ce mouvement RoundTable sont nées plusieurs institutions façades comme le Royal Institute of International Affairs, le Council on Foreign Relations et l’Institut canadien des affaires internationales.

Le CIC a toujours une grande influence sur la vie politique, sociale et économique du Canada et aussi, selon le propre aveu de l’institution, le travail du CIC « affecte directement la vie et la prospérité des citoyens » du Canada.

Le CIC est commandité entre autres par Power Corporation, Barrick Gold, RBC, la banque TD et le groupe financier BMO.

Le président du conseil d’administration est Jim Balsillie. Raymond Chrétien, Bill Graham, Eddie Goldenberg et André Desmarais font ou ont fait parti du conseil.

George Soros, mondialiste de l’année 2010 du CIC

Le président Hollande veut une Europe fédérale : le piège du « pacte de croissance »

Par Eric Granger | Les jeunes Français, qui ont célébré dans l’euphorie à la Bastille lors de l’élection du nouveau président François Hollande, ont cru à tord que les choses allaient changer, que « le changement c’était maintenant ». Dans une démonstration quasi-hystérique de joie, les Français présents à la Bastille ont cru que c’était la fin de l’austérité et le début d’une croissance économique pour la France. Ils se sont fait avoir.

Dans son programme, le candidat Hollande avait inscrit qu’il allait proposer à ses partenaires européens un « mémorandum détaillé proposant un Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance pour modifier et compléter le Traité de stabilité et réorienter la construction européenne vers la croissance ». Les mots qu’il faut retenir ici sont « modifier » et « compléter ». Il n’y a aucune annulation de ce traité de mesures d’austérité de prévu, on ne demandera que d’ajouter un « volet croissance » afin de le « compléter ».

Donc, la question à se poser est : quelle est la nature de ce « Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance ». La réponse n’est pas venue du nouveau Président Hollande lui-même, mais plutôt de Pascal Lamy (Directeur de l’Organisation mondiale du commerce) et de Jacques Attali (ancien président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement).

Dans un article publié dans le Monde, signé par Attali et Lamy et intitulé « Construisons une Europe de la relance ! », les auteurs plaident pour une fédéralisation de l’Europe : c’est-à-dire de faire de l’Europe une entité politique et économique supranationale au détriment de la souveraineté nationale de la France. Les propositions pour « rétablir la croissance » sont celles-ci : créer un Trésor européen et créer des euro-obligations financées par un impôt européen qui prendrait la forme d’une taxe carbone payée par tous les Européens et d’une taxe sur les transactions financières.

Si on lit le programme de François Hollande, c’est exactement ce qu’on y trouve : « Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi, et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction. Je proposerai de créer des euro-obligations. » Donc, il ne fait aucun doute que le « Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance » est en fait le Pacte Attali-Lamy.

Il faut noter qu’au niveau européen Nicholas Sarkozy avait exactement le même programme et il aurait lui aussi, sans l’ombre d’un doute, suivit les conseils de Lamy et Attali.

Le piège de la taxe carbone et de la taxe sur les transactions financières

La légitimité de la taxe carbone ne repose que sur le prétexte que l’activité humaine est responsable d’un réchauffement climatique planétaire à travers ses émissions de CO2. Que l’on croit ou non à la véracité scientifique de ce prétexte, il est fort peu probable qu’une taxe carbone changerait quoi que ce soit aux températures enregistrées sur la Terre. Cette taxe, qui serait appliquée à toute les facettes de la vie humaine (car le carbone est une base de la vie sur Terre), ne serait payée que par le contribuable européen. Il ne s’agit en fait que d’une taxe parmi tant d’autres, mais qui est justifiée par un prétexte environnemental pour faire vibrer la corde sensible de tous ceux qui veulent préserver l’environnement. En somme, le discours social répandu est : si tu es contre la taxe carbone, tu es un destructeur de l’environnement. Ce qui est un faux discours qui n’a aucune véracité. Il faut aussi rappeler que la taxe carbone n’est pas une initiative populaire, mais plutôt une initiative inventée par des banquiers comme ceux du Fond monétaire international. Il va de soi qu’une taxe carbone appliquée à l’échelle européenne (voire mondiale) viendrait diminuer davantage le pouvoir d’achat des habitants de tous les pays d’Europe et augmenterait leur fardeau fiscal qui est déjà très lourd. Il est aussi à noter que Lamy et Attali ne mentionnent pas que cette taxe servira à baisser la température globale de la Terre, mais servira plutôt en renflouer les coffres de l’Union européenne.

Quant à la taxe sur les transactions financières, elle plait bien sûr à tous ceux qui voudraient se venger des banques qui sont responsables de la crise économique actuelle. « Aux banques de payer! », crient les défenseurs de cette taxe. Encore là, il s’agit d’un piège. Premièrement, les banques internationales telles le FMI, la Banque mondiale ou la Banque des règlements internationaux ne seront pas touchées par cette taxe. En fait, ce ne sont que les plus petites institutions financières au niveau national qui auront à payer cette taxe. De plus, il est fort probable que le paiement de cette taxe sera transmise à monsieur et madame tout le monde. Si l’on en croit les dires du Directeur du Département des finances publiques du FMI, Carlo Cottarelli : « Une taxe sur les transactions financières ne vise pas à réduire le risque systémique et ne permet pas de taxer efficacement les rentes du secteur financier — la charge risque fort d’être répercutée sur le consommateur ordinaire. » Vous aurez été avertis.

Jacques Attali, promoteur du gouvernement mondial

Attali (à gauche), François Hollande et Ségolène Royal (au centre), Mitterrand (à droite) en 1981.

Selon ce qu’on peut lire dans les journaux en France, Jacques Attali (ainsi que Pascal Lamy) serait « proche de François Hollande ». En effet, dans une chronique publiée dans l’Express, Attali raconte que François Hollande « débarqua dans mon bureau en octobre 1980, avec sa compagne Ségolène Royal, et me proposa ses services pour travailler à la campagne de François Mitterrand ». Attali profite de cette chronique pour encenser le nouveau président élu, faisant une liste de toutes ses qualités et aucun de ses défauts. Il révèle également le véritable objectif, la priorité des priorités de Hollande comme président : la création d’une Europe fédérale. Il écrit : « A l’école de François Mitterrand, il a appris que rien n’est plus important que la justice sociale et l’Europe. Mais que, s’il faut choisir entre les deux objectifs, il faut privilégier l’Europe ». On ne peut être plus clair que ça ! La justice sociale passe en deuxième !

La création d’une entité politique supranationale que serait les Etats-Unis d’Europe est une étape vers la création d’un autre : le gouvernement mondial. Jacques Attali est probablement le plus grand promoteur de ce gouvernement mondial, il est un des seuls à en faire la demande sur toutes les tribunes qu’on lui offre. Dans son livre « Demain, qui gouvernera le monde ? », Attali défend ce point de vue et ose même dire que ce « gouvernement existera un jour. Après un désastre, ou à sa place ». Des mots qui font présager le pire…

Il n’y a donc plus de doutes sur les véritables objectifs du gouvernement de François Hollande. D’abord, accentuer l’intégration politique et économique de l’Europe, voire créer le super-gouvernement des Etats-Unis d’Europe. Puis, à plus long terme, travailler à l’avènement d’un gouvernement mondial, ou comme Nicholas Sarkozy aimait le dire pendant sa dernière campagne électorale : aller vers un Nouvel ordre mondial.

La majorité des Français qui ont cru, en passant simplement de l’UMP au Parti socialiste, que la France était sauvée, ces derniers seront amèrement déçus dans les prochaines années. Dire que certains vous avaient avertis et vous ne les avez pas écouté.

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Comprendre la hausse des frais de scolarité au Québec

Eric Granger

Par Eric Granger | Voici quelques informations afin de mieux comprendre la hausse des droits de scolarité au Québec. D’où ça vient ? Pourquoi ? Pour qui ? Et quel sera le prix à payer pour les étudiants ?

Ce que vous apprendrez dans ce reportage :

Qui propose vraiment la hausse des droits de scolarité ?

Qu’est-ce que le Remboursement proportionnel au revenu ?

Quelles sont les conséquences de ces réformes pour les étudiants ?

Vous pouvez regarder toutes les capsules vidéo de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) incluses dans cette vidéo sur la chaîne YouTube officielle de l’IRIS : http://www.youtube.com/user/IRISrecherche

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La privatisation mondiale de l’éducation : Jean Charest au service d’une élite mondialiste

Par Eric Granger | La hausse des droits de scolarité au Québec s’insère dans un processus de privatisation mondiale de l’éducation, un processus dicté par une élite mondialiste dont Jean Charest fait partie.

Line Beauchamp (Ministre de l’éducation) et Jean Charest (PM) Photo : Agence QMI

L’entêtement du gouvernement Charest à vouloir augmenté les droits de scolarité, à bonifier les prêts étudiants et à instaurer un régime de remboursement proportionnel au revenu (RPR), cet entêtement est facile à comprendre lorsqu’on regarde de plus près d’où proviennent ces idées de réformes de l’éducation. Il ne s’agit pas d’idées qui sont sorties du cerveau du Premier ministre ou de la ministre de l’éducation, ces idées viennent de l’extérieur, ces réformes ont été conçues loin du Québec, dans des institutions internationales à vocation de mondialisation. Le gouvernement du Québec suit un plan, un modèle concocté dans les grandes universités mondialistes comme la London School of Economics et promu par des institutions internationales toutes puissantes telles le Fond monétaire international, la Banque mondiale et l’OCDE. Ce modèle a été fabriqué sur mesure pour satisfaire les besoins de l’entreprise privée (lire multinationales) et on peut aisément le décrire comme une privatisation mondiale de l’éducation supérieure. Le Premier ministre Jean Charest est quant à lui un complice enthousiaste de cette privatisation à l’échelle mondiale.

De l’Angleterre au reste du monde

Le programme mondial de privatisation du financement de l’éducation a débuté en Angleterre en 1998. Le gouvernement britannique avait à cette époque implanté le remboursement proportionnel au revenu. Ce concept qui a d’abord été mis de l’avant par l’économiste Milton Friedman a été repris par un autre : Nicholas Barr. Nicholas Barr est un professeur d’économie à la London School of Economics, il est un boursier Fulbright, il a travaillé pour la Banque mondiale, le FMI et il défend depuis les années 80 l’idée d’une privatisation du financement de l’éducation supérieure. Il fait également la promotion du remboursement proportionnel au revenu (RPR) pour s’acquitter d’une dette étudiante. Il a publié plusieurs ouvrages et articles à ce sujet. Dans un article publié en 2005 dans la revue Finance et développement (une publication mensuelle du FMI), Barr écrit : « Les réformes entreprises en Grande-Bretagne peuvent servir d’exemple à d’autres pays ». Il propose d’abord de décentraliser le financement (dehors le gouvernement, bienvenue secteur privé). Il propose, en deuxième lieu, de transférer aux étudiants le coût des études. Ces derniers  devront s’endetter auprès de banques privées pour les payer. Et troisièmement, il suggère l’implantation d’un RPR pour rembourser la dette.

Selon Barr, le RPR permet de maintenir l’accessibilité aux études supérieures pour les moins fortunés. Il s’agit d’une logique douteuse. Selon lui, les diplômés qui auront un faible revenu annuel ne seront pas pénalisés puisqu’ils rembourseront leurs prêts en fonction d’un pourcentage de leurs revenus. Cependant, ils rembourseront pour une durée beaucoup plus longue leurs prêts étudiants. Dans cette même logique, Barr affirme que l’on peut ainsi augmenter les droits de scolarité et même les intérêts sur les prêts, la durée du remboursement sera tout simplement prolongée. Barr oublie de mentionner dans toutes ses publications que plus on prend du temps à rembourser un prêts, plus on paie d’intérêts aux banques. Donc, un diplômé pourrait se retrouver à payer deux fois le montant utilisé pour faire ses études. Et Barr oublie aussi de mentionner que l’endettement étudiant sous cette forme se traduit en un véritable esclavage bancaire. En fait, c’est probablement ce qu’il souhaite en secret.

Nicholas Barr, dans son article cité plus haut, ose se justifier en écrivant que « l’éducation tertiaire est souvent présentée comme un droit qui, en tant que tel, devrait être financé par l’État. L’alimentation est, elle aussi, considérée comme un droit fondamental, mais personne ne voit d’inconvénients à ce que les aliments aient un prix. » Sauf que dans la société, les riches mangent du caviar et que les pauvres se contentent de patates bouillies. C’est et ce sera la même chose dans le cas de l’éducation.

Les mesures prônées par Nicholas Barr et les institutions mondialistes qui payent son salaire ont été implanté en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis pour ne nommer que ceux-là et elles font maintenant leur entrée au Québec

Le cas du Québec

Au Québec, une réforme du régime de prêts et bourses a été entreprise en 2003-2004 afin de le privatiser. Cette année-là, 103 millions de dollars de bourses ont été convertis en prêts. De plus, ces prêts devaient à l’avenir être contractés auprès des institutions financières privées du Québec, des prêts qui sont garantis aux banques par le gouvernement en cas de non-paiement. Une contestation étudiante a pris forme en 2005 pour dénoncer cette hausse des prêts. La FEUQ et la FECQ ont alors négocié une entente avec le gouvernement et le montant des prêts a été ramené, en 2006-2007, au niveau précédent la réforme. Toutefois, les étudiants se sont endettés pour environ 140 millions de dollars de plus durant cette période. Cependant, la privatisation de l’endettement est restée intacte. Les étudiants doivent toujours emprunter aux banques privées pour financer leurs études. Le gouvernement garantit encore les prêts aux institutions financières. Ce sont des prêts sans risques pour les banques, gracieuseté du gouvernement Charest. Evidemment, les banques sont contentes.

Aujourd’hui, nous sommes témoins de la deuxième phase de cette privatisation. Le gouvernement Charest, dans la dernière proposition faites aux étudiants en grève, veut maintenant augmenter de nouveau les prêts étudiants et instaurer le RPR.  Selon le communiqué émis par le gouvernement, « tous les étudiants dont le revenu des parents n’excède pas 100 000 $ bénéficieront d’un prêt permettant généralement de couvrir les droits de scolarité et le coût du matériel scolaire. En 2016-2017, ce montant sera de 4 678 $ pour 30 crédits ». Aussi, « les étudiants de la classe moyenne se verront accorder un prêt additionnel de 2 850 $ ». Donc, « ces deux mesures permettront d’accorder annuellement des prêts additionnels à plus de 50 000 étudiants. »

En sommes, plus d’étudiants s’endetteront et leurs dettes finales seront plus élevées.

Pour bien comprendre ce qu’il en est, il faut se référer aux excellentes recherches de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), en particulier les travaux d’Eric Martin et de Simon Tremblay-Pépin. Eric Martin explique bien sur son blogue de l’IRIS comment le RPR est une mesure dangereuse. Il cite l’économiste Claude Montmarquette, une référence privilégiée du gouvernement Charest :

« Un autre avantage est que le système RPR permet d’accroître les montants de prêts ou l’endettement des étudiants. En d’autres termes, si une contribution financière supérieure est demandée aux étudiants, le RPR est le système qui facilite cette décision. Soulignons que le RPR n’entraîne pas une hausse des frais de scolarité, mais le RPR est la meilleure façon d’y faire face sans compromettre l’accessibilité aux études. »

Monsieur Martin cite également avec justesse le Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études :

« L’expérience étrangère montre que la mise en place d’un système RPR est souvent couplée à une hausse des frais de scolarité. Claude Montmarquette (rencontre du 17 octobre 2001 avec le CCAFE) pense, d’une part, que la hausse des frais de scolarité québécois est incontournable et que, dans ce cas, le système RPR est la meilleure forme qui soit pour en faciliter le remboursement. Il est simple de retourner l’argument : si le RPR assure une grande flexibilité de remboursement des emprunts et comme les syndicats étudiants sont favorables à l’implantation de ce système, il n’existe plus aucune barrière à l’augmentation des frais de scolarité une fois que le RPR est mis en place. »

En somme, Eric Martin décrit bien ce que représente véritablement le RPR et il voit juste lorsqu’il écrit que « le RPR est loin d’être une mesure d’aide aux étudiants. Il s’agit d’un morceau essentiel d’un nouveau dispositif de financement qui repose sur l’augmentation de l’endettement étudiant ». On peut citer l’Angleterre en exemple qui, après avoir instaurer le RPR, a procéder à plusieurs augmentations des frais de scolarités au détriment des étudiants britanniques qui ont vu leur endettement exploser.

L’IRIS a également publié le 8 mai 2011, une excellente recherche sur l’augmentation des droits de scolarité. Dans cette étude, intitulée « Faut-il vraiment augmenter les frais de scolarité? Huit arguments trompeurs sur la hausse », les chercheurs Eric Martin et Simon Tremblay-Pépin détruisent un à un les arguments du gouvernement Charest. En voici quelques-uns :

1-      Le gouvernement affirme que les universités sont sous-financées alors qu’elles souffrent plutôt d’un malfinancement, c’est-à-dire d’une mauvaise répartition des ressources.

2-       Le gouvernement affirme que ce (prétendu) sous-financement menace la qualité de l’éducation et la valeur des diplômes alors que c’est la nouvelle vocation commerciale (privatisation) des universités qui réduisent l’éducation à une marchandise plus coûteuse et moins riche en contenu.

3-      Selon le gouvernement, la hausse des droits de scolarité va renflouer les coffres universitaires, mais en fait, il s’agit plutôt d’une transition d’un mode de financement publique à celui d’un financement privé.

4-      Le gouvernement soutien qu’en payant plus de droits de scolarité, les étudiants feront leur juste part. En réalité, les étudiants feront plus que leur juste part, car ces derniers devront travailler deux fois plus longtemps pour payer leurs études que dans les années 1970.

5-      Le gouvernement ose dire que la hausse n’aura pas d’effet sur la fréquentation universitaire et, pourtant, si le Québec était conforme à la moyenne canadienne, 30 000 étudiants (qui sont aux études présentement) n’auraient pas les moyens d’aller à l’université.

6-      En définitive, l’étude de l’IRIS montre que la gratuité scolaire est relativement peu couteuse et que son financement public est socialement équitable, alors que le gouvernement ose dire qu’il s’agit d’un projet irréaliste et potentiellement injuste pour la société.

A la lumière de ces informations, nul ne peut douter que le gouvernement Charest suit un modèle concocté par des économistes mondialistes qui doivent leur allégeance à des institutions internationales puissantes et non pas au peuple étudiant québécois. Les étudiants devront peut-être bientôt s’endetter pour la vie sans avoir l’assurance d’obtenir un emploi stable et bien rémunéré en cette période d’incertitude économique qui risque fort de se prolonger.

Le secteur privé se réjouit

Lorsque le gouvernement Charest a annoncé au début du mois d’avril qu’il bonifiait le programme de prêts et bourses et qu’il mettait en place le remboursement proportionnel au revenu, la chambre de commerce de Montréal s’est tout de suite réjouit ! En effet, cette dernière a émis un communiqué de presse dans lequel son président, Michel Leblanc, a félicité « la ministre de l’Éducation et le ministre des Finances d’avoir pris cette décision éclairée qui vient consolider l’accessibilité aux études supérieures ». C’est sûr que monsieur Leblanc était content car, comme il le dit dans le communiqué, « La Chambre proposait la mise en place d’un tel mécanisme en 2010 dans le Pacte pour un financement concurrentiel de nos universités ». C’est ce document, le Pacte pour un financement concurrentiel de nos universités, qui est derrière la décision du gouvernement de réformer le financement de l’éducation au Québec. Ce document a été signé par les individus suivants :

M. Michel Audet, ex-ministre des Finances du Québec

 Me Lucien Bouchard, ex-premier ministre du Québec

 M. Joseph Facal, ex-président du Conseil du trésor

 Mme Monique Jérôme-Forget, ex-ministre des Finances du Québec et ex-présidente du Conseil du trésor.

Mme Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec

M. Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec

M. Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Mme Julie Bouchard, ex-présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM

 M. Youri Chassin, ex-président de la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS), ex-vice-président aux Affaires universitaires de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et ex-membre du Conseil permanent de la jeunesse

M. Hugo Jolette, ex-président de l’Association générale étudiante de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (AGEUQAT) et ex-trésorier de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ)

M. Patrick Lebel, ex-président de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) et du Conseil permanent de la jeunesse.

Étrangement, ce sont ces mêmes signataires qui publiaient le 2 mai dernier une lettre dans les quotidiens québécois dans lequel ils ont osé écrire : « Il est plus que temps de se ressaisir : il faut rétablir l’ordre, les étudiants doivent retourner en classe et tous les efforts doivent être déployés pour sauver une session déjà terriblement compromise. Voici une situation où, au-delà de toute allégeance politique, la population doit donner son appui à l’État, ultime responsable de la paix publique, de la sécurité des personnes et de l’intégrité de nos institutions. »

Oui, le secteur privé se réjouit…, mais pas trop en ce moment.

Des arguments mondialistes

Selon l’aveu même du gouvernement Charest, la hausse des droits de scolarité est mise en place dans le but de permettre aux universités québécoises d’atteindre un niveau de « classe mondiale ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Martin Lavallée, candidat à la maîtrise en histoire à l’UQAM, l’explique bien dans un article publié le 1er mai dernier dans le Huffington Post. Il explique que, selon la Banque mondiale, une université de calibre mondial en est une qui produit du « capital humain » destiné à un marché du savoir international au service de l’entreprise privée (les multinationales). Monsieur Lavallée pose la bonne question : « La question est de savoir si les étudiants québécois sont prêts à payer davantage uniquement pour que leurs universités soient reconnues internationalement par une minorité d’individus se basant sur les critères d’un marché mondial néolibéral et pour répondre aux besoins des entreprises privées. Dans le débat actuel sur la hausse des droits de scolarité, cet enjeu fondamental mérite d’être davantage discuté. »

Comme je l’ai mentionné au début de cet article, la privatisation du financement de l’éducation (et du système en général) n’est pas une idée québécoise mais mondialiste. Monsieur Lavallée est visiblement d’accord avec ce constat facile à faire et il conclue son article ainsi : « Le problème qui se pose lorsqu’on veut connaître le bien-fondé de la hausse des droits de scolarité, c’est de savoir si la population québécoise est en accord avec l’orientation donnée à sa société et à son système d’éducation par notre gouvernement, orientation qui n’émane visiblement pas d’elle, mais plutôt d’une élite mondialisée qui poursuit ses propres objectifs. »

Conclusion

La privatisation mondiale de l’éducation est un fait. C’est un processus qui arrivera bientôt à son aboutissement si rien n’est fait pour l’arrêter. Cette privatisation est commandée par une élite mondialiste qui opère sur toutes les facettes de la vie humaine. Une énorme majorité des gouvernements du monde entier sont infiltrés, voire dominés par des agents de cette élite mondialiste ; de plus, les institutions mondialistes comme le FMI, la Banque mondiale, l’OCDE et de nombreux think tanks travaillent au-dessus des gouvernements et dictent la marche à suivre.

Il est temps pour le peuple québécois de prendre en main l’avenir de l’éducation au Québec et de l’arracher des griffes du secteur privé qui ne travaille que pour ses propres intérêts et que pour ceux d’une élite impitoyable assise confortablement tout en haut de la pyramide planétaire. Ceci nécessitera probablement la création d’un nouveau pays libre du mondialisme, le pays du Québec.

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Comprendre la hausse des droits de scolarité

Voici un reportage vidéo produit par Le DECODEUR afin de mieux comprendre la hausse des droits de scolarité au Québec. D’où ça vient ? Pourquoi ? Pour qui ? Et quel sera le prix à payer pour les étudiants ?

Le DÉCODEUR répond aux questions de Johan Livernette : le Québec, la France et le Nouvel ordre mondial

Johan Livernette, auteur du livre Le dissident révolté et fondateur de l’Association culturelle pour la jeunesse toulonnaise, m’a suggéré d’entretenir une correspondance avec lui afin d’informer les populations de nos pays respectifs sur le Nouvel ordre mondial. J’ai accepté et il m’a envoyé quelques questions. Voici donc les réponses.

Biographie de Johan Livernette

Qu’est-ce qui a fait l’actualité du Canada en fin d’année 2010? De quoi parle-t-on le plus dans ton pays ?

Un des sujets qui a fait le plus réagir la population québécoise et canadienne a été certes celui de l’exploitation des gaz de schiste. Différents groupes militants ont demandé un moratoire sur l’exploitation de cette ressource, à cause des conséquences environnementales qu’elles entrainent. Ce tollé populaire a été sans aucun doute catalysé par la sortie du film Gasland, un documentaire choc aux images spectaculaires où l’on voit par exemple des flammes jaillir d’un robinet de cuisine. Les médias en ont fait une large couverture. Le gouvernement refuse catégoriquement l’adoption d’un moratoire pour cette industrie.

Au Québec, un autre sujet a été à l’origine d’une grogne populaire : c’est celui de la corruption gouvernementale. Le mot corruption était sur toutes les lèvres suite aux révélations chocs faites par Marc Bellemare, un ancien ministre de la justice du cabinet Charest. Il a affirmé aux médias qu’il avait été témoin durant son mandat "d’irrégularités" dans le processus de nominations des juges au niveau provincial. Ceci a mené à la création d’une commission d’enquête sur la nomination des juges. Cette commission (qui a été une farce plus qu’autre chose) est à produire le rapport final qui devrait être publié d’ici peu.

Cet évènement a entrainé d’autres individus à faire des révélations sur l’étendue de la corruption au Québec, principalement dans le milieu de la construction. Depuis, la population, différents organismes ainsi que l’opposition officielle du gouvernement (Parti québécois) demandent une commission d’enquête sur la corruption dans le milieu de la construction. Le gouvernement refuse encore à ce jour de créer cette commission d’enquête.

Pour beaucoup de jeunes Français, le Canada est perçu comme un lieu de prospérité au niveau de l’emploi. Quel regard votre peuple porte-t-il sur l’arrivée de main d’œuvre étrangère ?

Pour commencer, il ne faut pas se raconter d’histoire, le Canada (spécialement le Québec) n’est pas un lieu plus prospère que la France au niveau de l’emploi. Beaucoup de Français sont déçus en arrivant ici, plusieurs repartent. Les perspectives positives que laissent entrevoir la propagande canadienne pour attirer les immigrants sont loin d’être fidèles à la réalité. Les Québécois sont sans aucun doute ouverts (voire indifférents) face à l’arrivée de main d’oeuvre étrangère, encore faut-il de l’emploi pour tout le monde.

Comment percevez-vous, du Québec, les vagues de manifestations en Europe (Grèce, Irlande, Portugal…) dues aux plans d’austérité de l’UE et du FMI ?

Ces manifestations sont une réaction normale aux programmes d’austérité qui appauvriront la plupart des gens et qui feront d’eux des esclaves de l’État. La qualité de vie des populations de ces pays d’Europe sera dimminué et les individus s’en sont rendu compte, c’est pourquoi ils descendent dans la rue pour dire : "Ça suffit! Cessez de nous appauvrir!"

Le Canada peut-il, selon toi, être menacé par ce qui arrive à ces pays européens sous tutelle FMI ?

Le Canada est sensiblement dans la même situation. Il obéit aux ordres du FMI (réduction de la dette, réduction des dépenses/services, augmentation de la taxation directe, réforme des retraites) et évite ainsi d’avoir le FMI dans ses livres comptables. Mais ce n’est qu’une question de temps… Les réformes à venir du FMI lui donneront de nouveaux pouvoirs qui lui donneront accès aux livres comptables de tous ses pays membres.

La population canadienne a-t-elle un niveau de conscience élevé sur la question du Nouvel Ordre Mondial ?

C’est une question à laquelle il est difficile de répondre. Il est sûr que le niveau de conscience est plus élevé dans le Canada anglais, spécialement dans l’ouest. D’ailleurs deux canadiens (Bryan Law & Dan Dicks) ont produit un excellent film intitulé United We Fall, un documentaire sur l’union nord-américaine et le Nouvel ordre mondial de très grande qualité. Au Québec, c’est une autre histoire, l’éveil est beaucoup moins présent. Les raisons sont multiples et difficiles à expliquer, mais c’est surtout parce que le québécois moyen est mal ou peu informé. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai décidé de créer le Décodeur : pour offrir une information crédible en français sur le sujet.

Frank Mac Kenna, Peter Mansbridge, J. Robert S. Prichard et Heather Reisman sont inconnus du grand public français. Ils faisaient pourtant parti du dernier Bilderberg à Sitges en Espagne. Peux-tu nous en dire plus sur ces personnalités influentes ?

Frank McKenna est le vétéran canadien des réunions Bilderberg depuis 10 ans. Il a été premier ministre du Nouveau-Brunswick pendant 10 ans, et ambassadeur du Canada aux États-Unis de 2005 à 2006. Il s’agit surement de sa rencontre avec Allan MacEachen dans sa jeunesse qui le fit entrer dans le cercle des mondialistes et dans la politique canadienne.

Peter Mansbridge est le lecteur de nouvelles au journal télévisé le plus connu du Canada anglais. Il travaille à la CBC et est à la barre de l’émission The National depuis 1988. Sa participation à la réunion Bilderberg n’est pas surprenante puisque plusieurs autres journalistes et membres des médias canadiens y ont déjà assisté comme Lise Bissonnette et Lysianne Gagnon. Son boulot (à Mansbridge) est de faire passer le message de l’élite à la télé.

J. Robert S. Prichard a travaillé à la tête de la faculté de droit de l’Université de Toronto pour en devenir le président plus tard. En 2001, il prend la tête de Torstar Corporation qui possède entre autre le journal Toronto Star. Il est maintenant président de Metrolinx, la compagnie qui gère le transport en commun de la ville de Toronto. Il est aussi sur le conseil administratif de Onex en compagnie de Heather Reisman qui se trouve à être la femme du président de Onex, Gerald Schartz.

Heather Reisman est aussi une "régulière" des réunions Bilderberg pour le Canada. Elle possède la plus grosse chaîne de librairies du Canada : Indigo Books. Son mari Gerald Schartz participait précédemment au réunion, il semble qu’elle l’ait remplacé depuis.

On m’a souvent dit du bien de Montréal ; des personnes comme Serge Monast, William G. Carr, Daniel Estulin (désormais installé en Espagne) ou Ghislaine Lanctôt ont effectué ou effectuent toujours un travail remarquable. Le Québec et le Canada sont plutôt bien vus en France. Est-ce réciproque ?

Évidemment, des individus comme William G. Carr ont influencé d’autres comme Serge Monast à chercher la vérité derrière le voile de la propagande. Serge Monast a, entre autres, révélé l’existence du Project Blue Beam de la NASA dans les années ’80 et a expliqué comment l’élite dirigeante prévoyait créer leur Nouvel ordre mondial. L’information qu’il a transmise est toujours valable aujourd’hui et a même été majorée par toutes les nouvelles recherches effectuées depuis. Daniel Estulin est sûrement le plus connu actuellement, lui qui a vu son livre La véritable histoire du Club Bilderberg traduit en plus d’une vingtaine de langues, ce livre est un best-seller international.

Les Français ont bonne réputation au Québec. Votre propension à descendre dans les rues, votre volonté plus accrue que celle du Québécois de s’informer adéquatement tranche avec le commun des Canadiens. Les Français possèdent davantage de culture générale et savent mieux articuler leurs idées que leurs cousins québécois.

Un individu comme Pierre Hillard est probablement le Français qui a le mieux articlulé l’architecture du Nouvel ordre mondial. Son article publié sur voltaire.net intitulé "Histoire du Nouvel ordre mondial" devrait être une lecture obligatoire.

Quelle opinion ont les Canadiens du président Sarkozy et du gouvernement Fillon ?

Les Canadiens qui savent qui est Sarkozy et qui suivent un peu l’actualité politique de la France, s’entendent pour dire qu’il a des allures de dictateur. Son arrogance, ses attitudes à la Napoléon, la dimension gargantuesque de son égo n’échappent pas à ceux qui le regarde aller. Les protestations constantes face à son gouvernement rapportées ici dans les médias ont donné mauvaise réputation à Sarkozy dans notre beau pays et c’est bien comme ça.

Si on devait faire un léger zoom arrière, comment as-tu vécu le G20 de Toronto en juin dernier ?

Pour être franchement honnête, ce fût une expérience très désagréable. Il a été difficile de voir comment une manifestattion dite populaire peut finalement s’avérer une opération de propagande vouée à démoniser l’acte de manifester. Il a été désolant de voir le Black Block (agents perturbateurs de mêche avec la police) débarquer, foûtre le bordel puis disparaître sans qu’aucun policier ne les arrête. C’était désolant de voir un millier de personnes se faire arrêter et emprisonner pour aucune raison valable. C’était désolant de voir les militants de Greenpeace demander qu’on verse des milliards de dollards au FMI pour sauver le climat de la Terre. J’ai détesté me faire fouiller, interroger, insulter. J’ai détesté le G20 de Toronto. Je ne retournerai probablement plus jamais à une manifestation du genre. C’est trop frustrant et inutile. Vous pouvez lire l’éditorial que j’ai publié sur le G20 de Toronto.

Sur une note plus positive, il a été agréable de rencontrer des inconnus qui savaient vraiment ce qui se tramait ce weekend-là à Toronto et d’en discuter. L’émission du Décodeur que j’ai produite sur le G20 m’a aussi valu de bons commentaires.

Sur ce, ça m’a fait plaisir de répondre à vos questions, Johan, je vous envoie les miennes d’ici peu.

Bien à vous,

Eric Granger

Vers une autre crise économique signée Goldman Sachs

Le secret des Puissances de l’Argent l’est de moins en moins. Beaucoup savent maintenant que les crises économiques mondiales ne sont pas des "tempêtes parfaites" sur lesquelles nous ne pouvons rien, mais plutôt des opérations économiques d’envergure calculées et exécutées par quelques puissantes banques qui vont jusqu’à menacer des États de faillite totale pour arriver à leurs fins. Ces banques privées ultra-puissantes font le genre d’offres qu’on ne peut refuser.
Illustration : Victor Juhasz
La plus connue et la plus controversée d’entre elles est sûrement Goldman Sachs. Le magazine Rolling Stone a publié en juillet dernier un article coup de poing à propos de cette institution financière. Le journaliste Matt Taibbi débute son texte comme suit :

"La première chose que vous devez savoir de Goldman Sachs, c’est qu’elle est partout. La banque d’investissements la plus puissante au monde est une gigantesque pieuvre vampire qui enfonce sans cesse son syphon sanguinaire dans tout ce qui a l’odeur de l’argent."

Cet article du Rolling Stone qui a fait sensation résume ce que bien d’autres ont dit et écrit : certains cerveaux chez Goldman Sachs ont conçu et exécuté toutes les crises financières depuis les années ’20. Elle a de plus toujours utilisé à peu près le même procédé : elle se place d’abord au centre d’une bulle financière en émettant des produits financiers sophistiqués conçus dès le départ pour faillir. Ensuite, elle s’arrange pour que la petite et la moyenne classe (les gens ordinaires et les PME par exemple) investissent dans ces produits condamnés d’avance avec l’aide complice des dirigeants de plus petites institutions comme la Caisse de dépôt et placements du Québec. Bien sûr, on achète les politiciens nationaux pour que ces derniers ne régulent pas ces nouveaux produits financiers dangereux pour l’économie. Puis c’est encore la "Big banque" qui finit le travail en pètant la bulle elle-même, faisant disparaître du coup un tas de petites banques, un tas de RÉER et consolidant encore une fois davantage son contrôle sur les marchés financiers. Une fois que tout le monde est appauvri et que l’économie est à l’agonie, la Big banque arrive en triomphe, nous offre de sauver l’économie et nous prête à haut taux d’intérêts l’argent qu’elle vient juste de nous syphonner. Et le processus recommence…
Où en sommes-nous aujourd’hui? Si on regarde attentivement les médias de masse, on voit bien que ce n’est pas une lente reprise économique qui est devant nous mais une autre crise majeure qui aura comme levier les dettes nationales.

On l’a vu avec Dubai et maintenant avec la Grèce, la dette publique est le prochain prétexte pour faire accepter des politiques draconiennes d’intégration verticale de l’économie au niveau planétaire.

Revenons en novembre 2009, quand la Société générale de France publiait un rapport contenant un scénario alarmiste d’effondrement économique mondiale causé par l’endettement des pays développés. On pouvait lire dans le Figaro sur le sujet que "les récents plans de sauvetage mis en place par les gouvernements mondiaux ont simplement transféré des passifs du secteur privé au secteur public, créant une nouvelle série de problèmes." Le premier problème est la dette publique qui a "pratiquement atteint un point de non-retour", selon le rapport.

Le cas de la Grèce montre bien les mesures draconiennes qui s’annoncent à l’horizon et la mesure la plus grave concernera la souveraineté même des nations développées. Pour pouvoir recevoir l’aide de la zone euro, la Grèce devra se soumettre à la volonté des autres pays membres. Dans un article sur le sujet dans le Wall Street Journal, Patience Wheatcroft écrivait : "Cette crise n’est pas seulement à propos des dettes de pays souverains mais à propos de la souveraineté elle-même".

L’éditorialiste André Pratte de la Presse semble être d’accord avec cette interprétation quand il écrit :

"La semaine dernière, Athènes a dû se prêter à l’exercice humiliant d’ouvrir ses livres aux experts de l’Union européenne qui lui ont fortement suggéré des pistes de solution. La Grèce venait de perdre le contrôle de ses finances publiques, de perdre une partie de sa souveraineté."

Pratte poursuit en disant qu’il faut se dépêcher ici au Québec à se serrer la ceinture et à tout taxer sinon les puissantes banques vont venir nous taper sur les doigts et comme ça on évite que "le Québec se retrouve bientôt, comme la Grèce, le dos au mur." Comme si nous ne l’étions pas déjà.

Sauf qu’avant de mettre le fardeau de la dette sur les épaules des populations, il faut être juste et pointer les véritables responsables de ces dettes surgonflées. Bien sûr, vous avez devinez qui sont les coupables : les cerveaux de Goldman Sachs et autres big banques.

Le 22 février dernier dans un article du Devoir intitulé "La Grèce n’est pas la seule à «maquiller» sa dette", on y apprend de belles choses que nous savions déjà :

"Sous le feu des critiques pour leur responsabilité dans la crise financière, les banques de Wall Street, Goldman Sachs en particulier, sont au coeur d’un nouveau scandale. Cette fois, il ne s’agit plus de subprimes, ces crédits hypothécaires explosifs vendus à des ménages modestes, mais de produits financiers sophistiqués proposés à des États endettés pour enjoliver leurs comptes."

Donc, en plus de créer des bulles financières qu’ils controllent complètement, ces big banques cachent la véritable dette accumulée par les États qui utilisent leurs services ; comme quand on modifie la façon de calculer le taux de chômage pour obtenir le taux qui nous plait à montrer.

L’influence des Goldman Sachs et compagnie n’est plus de l’influence : c’est de la complète domination économique. Obama compte dans son équipe beaucoup de représentants de Goldman Sachs à des postes-clés. Il en était de même pour W. Bush.

Toutefois, nous savons pourquoi cette crise de la dette a été planifiée et exécutée, nous connaissons le calendrier de la gouvernance mondiale que tente d’implanter l’élite oligarchique. Nous savons que l’objectif est de créer une banque mondiale, la bureaucratie ultime d’un éventuel gouvernement mondial.

Il n’y a qu’à lire ce texte paru sur le Monde.fr au titre évocateur : "Dominique Strauss Kahn plaide pour que le Fond Monétaire devienne la Banque Centrale du monde". Tout y est.

Le FMI est reconnu comme une banque cruelle qui impose des conditions excessives. Il s’agit d’un prêteur usurier qui bénéficie toutefois de l’absolution complète. Il s’agit d’une institution anti-démocratique qui ne peut pas légitimement faire autorité sur tous les peuples. Il y a aussi trop de secret qui entoure ce genre d’institutions.

On pouvait d’ailleurs lire dans le Herald Sun qu’une rencontre secrète entre dirigeants des banques centrales du monde avait eu lieu au début février pour discuter des mesures monétaires mondiales à prendre. La réunion était protégée par une sécurité de haut niveau et la presse n’y était pas admise. Allez savoir ce qu’ils ont pris comme décision, de toutes façons il semble que ce ne soit pas de nos affaires.

Pour terminer, selon le Wall Street Journal, Goldman Sachs a dû adopter une nouvelle politique sur le risque financier et pas n’importe laquelle : elle a déterminé que la publicité négative à l’égard de la compagnie est un "facteur de risque" sur les performances de l’entreprise et qu’elle devait la combattre. Ça veut dire tout simplement ceci : on ne peut pas parler en mal de Goldman Sachs, le mieux en fait c’est de ne pas en parler du tout.

Cependant, l’enjeu est trop important, et nous ne devons pas laisser ces pieuvres vampires nous  sucer le sang jusqu’à la dernière goutte. La prochaine crise va arriver tôt ou tard, probablement plus tôt que tard, et ce pourrait bien être celle qui sonne le glas pour toutes les nations du monde.

La véritable souveraineté, c’est face à ces big banques que nous la perdons.

CRISE ÉCONOMIQUE : Le pire est devant nous.

Il semble que la télévision ici au Québec et ailleurs au Canada nous rassure régulièrement sur la reprise économique éventuelle, nous invitant à investir de nouveau dans une économie sur le point de reprendre du poil de la bête ou qui serait même déjà de nouveau sur les rails. Pourtant, si on y regarde de plus près, les grandes banques à travers le monde craignent un effondrement possible total de l’économie mondiale.
La Société générale de France a publié un rapport en novembre dernier dans lequel l’institution financière suggère à ses clients comment se préparer à un éventuel effondrement de l’économie mondiale. La SGF a intitulé cette possibilité «le pire scénario de la dette», et précise qu’il ne s’agit que d’une «exploration des dangers possibles» et non une prédiction officielle sur l’avenir de l’économie mondiale. Cependant, à la lecture du rapport et de certains articles parus, les faits ne mentent pas : la dette des pays développés  grimpent en flèche, en particulier celle des États-Unis.
Le Figaro y consacrait un article le 20 novembre dernier : «Le pire pourrait être devant nous. C’est une des hypothèses qui ressortent d’un rapport de la Société Générale, intitulé « le pire scénario de la dette», selon lequel les récents plans de sauvetage mis en place par les gouvernements mondiaux ont simplement transféré des passifs du secteur privé au secteur public, créant une nouvelle série de problèmes.» Ce qui contredit le message qui est matraqué continuellement à la télévision comme quoi la reprise économique est à nos portes.
On peut lire plus loin dans l’article : «Parmi les pires scénarios envisagés, le rapport évoque une nouvelle chute des marchés, une inflation galopante ainsi qu’une forte chute du dollar. Or quand la crise bat son plein, tout le monde se retourne vers la valeur refuge par excellence, l’or. Dans ce contexte, le prix du métal jaune atteindrait des sommets jamais vus. En plus du métal jaune, le rapport table qu’une autre valeur refuge devrait tirer son épingle du jeu, les denrées alimentaires. A contrario, la banque conseille de se désengager du dollar et des valeurs cycliques, telles que les technologiques ou celles liées au secteur de l’automobile.» En somme, dans une économie de bulles financières qui éclatent de partout (donc en dépression), les seules choses qui auront encore de la valeur seront la bouffe et l’or! Il ne faut pas oublier l’eau tout de même qui deviendra sans aucun doute une ressource convoitée.
Le prix de l’or est en hausse depuis un an et a atteint 1200$ l’once il y a quelques jours. Voici ce qu’on pouvait lire sur cyberpresse à propos de l’or : «En toile de fond, l’or est favorisé par la dépréciation du dollar, qui le rend moins cher pour les investisseurs munis d’autres devises, et encourage les épargnants détenant des billets verts à diversifier leurs portefeuilles.» L’or bénéficie toujours directement de la dépréciation du dollar et de l’inflation.
Le dollar américain souffre de faiblesses face à d’autres devises et certains pays proposent maintenant d’adopter autre chose que la présente devise américaine de référence, comme peut-être les Droits de Tirage Spéciaux du FMI. On pouvait lire sur cyberpresse que «dès le mois le mois de mars la Chine, puis la Russie et le Brésil, ont lancé l’idée qu’il fallait inventer une nouvelle monnaie de réserve internationale, basée sur les DTS (Droits de tirage spéciaux), devise artificielle utilisée par le Fonds monétaire international et reposant sur un panier de monnaies (dollar, euro, yen, livre).» On sait aussi que certains pays n’ont pas attendu le rapport alarmant de la SGF pour agir et ont pris les devants comme la Chine, encore selon l’article de cyberpresse : «En outre la Chine, premier pays à acheter des obligations du FMI au début du mois, à hauteur de 50 milliards de dollars, a pris la décision inhabituelle de les acheter en yuans plutôt qu’en dollars.» Certains savent ce qui va se passer et semble se préparer pour le mauvais temps.
En conclusion, la dette des pays «développés» qui galope vers des sommets inégalés (surtout aux États-Unis) et un dollar américain qui n’inspire plus confiance seront les responsables d’une «possible» catastrophe économique. Si tel était le cas, le prix des lingots d’or et des grains de riz grimpera vers des hauteurs favorables à l’investissement financier.
D’un autre côté, si le prix de la nourriture augmente encore davantage et que si le dollar ne vaut plus rien d’ici bientôt, bref s’il y a une hyperinflation, cela veut dire que ce sera bien plus difficile pour beaucoup de familles et d’individus à boucler les fins de mois. Une dépression telle que l’annonce «le pire scénario de la dette» de la SGF entrainerait un appauvrissement destructeur pour presque toutes les classes sociales. Seuls les très riches bien positionnés s’en tireront indemnes et il est même à croire, sans se tromper, qu’ils en profiteront pour consolider leur emprise déjà solide sur la vie du commun des mortels.
Préparez-vous, le pire est à venir.
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