André Pratte, membre de la Commission trilatérale et journaliste mondialiste

Pratte-DesmaraisPar Eric Granger

André Pratte est sans aucun doute le journaliste le plus influent du Québec et un des plus influents du Canada. Sa position comme éditorialiste en chef de La Presse fait de lui un personnage incontournable du monde médiatique québécois. Il faut donc se poser la question suivante : pour quels intérêts travaille André Pratte?

Bien sûr, vous me direz que monsieur Pratte travaille pour son patron, Paul Desmarais, le propriétaire du groupe Gesca, donc de La Presse. Autre question donc : quels sont les intérêts de Paul Desmarais et ses fils?

Vous diriez alors que Pratte travaille pour les fédéralistes, puisque la famille Desmarais avoue depuis toujours défendre la fédération canadienne. Certes, cela va de soi, mais encore?

Il faut savoir alors qu’en dernier lieu Pratte fait la promotion du mondialisme à travers ces chroniques et surtout par le contenu de son journal, une idéologie qui est chère à ses patrons.

Il y a plusieurs raisons pourquoi André Pratte peut-être considéré comme un mondialiste. Il est un contributeur du Conseil International du Canada, un think tank fondé en 1922 sous l’appellation Institut canadien des affaires internationales par les membres du réseau Roundtable. Ce même réseau qui a créé le Council on Foreign Relations aux Etats-Unis et le Royal Institute of International Affairs en Angleterre (1). Un réseau originalement constitué de franc-maçons et de membres d’autres sociétés secrètes comme les Skull and Bones. La famille Desmarais est également active à l’intérieur du Conseil International du Canada, puisqu’André Desmarais est sur le comité de direction. Ce think tank est également grassement financé par Power Corporation.

Ce qui nous indique davantage que Pratte est un fervent de l’idéologie mondialiste, c’est sa participation régulière à un autre think tank : la Commission trilatérale. C’est en 2005, à Montréal, qu’il a participé à une réunion du groupe nord-américain de la Commission trilatérale pour la première fois. Il fut invité à prononcer un discours devant les membres de la Commission grâce à son patron, Paul Desmarais. Il débute d’ailleurs son discours intitulé "L’avenir du Québec" (The Future of Québec) par les mots suivants :

"C’est évidemment un grand honneur pour moi de m’adresser à une audience aussi distinguée ; et pour cette occasion, je crois que je dois remercier Mr. Desmarais, qui est le propriétaire du journal pour lequel j’ai le privilège de travailler. Alors vous pouvez, j’imagine, comprendre que je me sens un peu nerveux aujourd’hui. Cela veut aussi dire que si je vous ennuie à mort pendant les 20 prochaines minutes, vous saurez qui blâmer."

Alors quel est l’avenir du Québec selon Pratte? Il s’agit essentiellement de l’avenir que le groupe des lucides a dicté dans son manifeste "Pour un Québec lucide" à laquelle fait allusion le journaliste dans son discours : adopter des mesures d’austérité, payer la dette (impayable) et oublier les référendums sur la souveraineté du Québec. D’ailleurs sur ce dernier sujet, Pratte affirme qu’il est très incertain qu’il se tienne un autre référendum au Québec, mais qu’ils doivent rester vigilants et doivent se préparer afin de s’assurer qu’il n’y ait jamais une victoire du oui lors d’un référendum.

La deuxième fois que nous savons pour sûr que Pratte a participé à une réunion de la Commission trilatérale, c’est en 2008 alors qu’il est présenté par Bill Graham (membre officiel de la Commission trilatérale et ancien chef intérimaire du PLC) au gratin mondialiste pour y discuter de politique canadienne.

En 2011, il participait à nouveau à la réunion annuelle de la section nord-américaine de la Commission, cette fois en compagnie d’un autre membre officiel du think tank, le journaliste Jeffrey Simpson, columnist politique au Globe and Mail. Dans son allocution, dont une copie a été obtenue par le DÉCODEUR (nous remercions Sue Ellen Parrot de la Commission trilatérale), Pratte affirme que la question de la souveraineté du Québec est en train de mourir et prédit que le nouveau parti de François Legault, la Coalition Avenir Québec (qui devient officiellement un parti politique trois semaines après son allocution à la Commission), pourrait gagner les prochaines élections. Selon Pratte, Legault gagnerait parce qu’il est prêt à imposer des mesures d’austérité, qu’il ne veut rien savoir d’un éventuel référendum sur la souveraineté et surtout parce que les Québécois souhaite du changement. Selon Pratte, Legault et la CAQ serait le remplacement parfait à Jean Charest et le PLQ dont la popularité est au plus bas. Cette thèse de Pratte confirme l’analyse qui a été faite dans la vidéo "François Legault, ce n’est pas du changement", publié sur ce site au mois d’août 2012. L’histoire s’est toutefois déroulé d’une autre façon et le Parti Québécois est revenu au pouvoir.

Il ne fait aucun doute que monsieur Pratte est un participant aux activités de la Commission trilatérale. Toutefois, contrairement à son collègue journaliste Jeffrey Simpson et à son patron André Desmarais, le nom d’André Pratte ne figure pas sur la liste officielle de la Commission. Le DÉCODEUR a écrit à monsieur André Pratte afin de savoir s’il se considérait comme un membre officiel du think tank. André Pratte n’a pas répondu à cette demande qui est demeurée lettre morte.

Cependant, au bout du compte, c’est le contenu même du journal La Presse, dont Pratte a la responsabilité, qui indique le mieux la vocation mondialiste du journaliste et du journal. Dans les trois dernières années seulement, la quantité d’article qui font directement ou indirectement la promotion de la gouvernance mondiale, d’un nouvel ordre mondial et même d’un gouvernement mondial. Bien sûr, toutes ces expressions sont synonymes, mais les journalistes aiment jouer avec les mots.

Une recherche sur le site de La Presse avec l’expression exacte "gouvernance mondiale" affiche 56 résultats pertinents. Une recherche avec l’expression exacte "nouvel ordre mondial" renvoie vers 53 articles pertinents. Encore plus troublant, l’expression "gouvernement mondial" fait afficher quand même 20 résultats dans le moteur de recherche.

Dans les résultats de l’expression "gouvernement mondial", on y retrouve un titre évocateur : "Un gouvernement mondial?". L’article a été écrit par Kimon Valaskakis, un ancien ambassadeur du Canada à l’OCDE, qui milite pour que le G20 devienne avec le temps un gouvernement mondial. Il écrit :

"La crise économique mondiale a souligné le besoin croissant pour une meilleure gouvernance et le succès récent du G20 à Londres pose la question de l’aptitude potentielle de cet organisme pour devenir le noyau d’un éventuel gouvernement mondial. [...]La position mitoyenne du G20 apparaît comme un juste milieu provisoire mais pas vraiment permanent, car il ne remplacera jamais la légitimité d’un éventuel parlement mondial."

Dans cette liste de résultats, on trouve aussi cet article : "Le monde idéal d’Attali". Le journaliste Didier Fessou fait une critique (ou la promotion) du livre de Jacques Attali, "Demain, qui gouvernera le monde?". Attali ne s’en cache pas, il souhaite l’avènement d’un gouvernement mondial. Le journaliste Fessou, lui, écrit :

"Il existe une multitude de regroupements, d’organisations et de traités qui agissent sur le plan international. Sans oublier les fondations privées et les ONG. Se développant au détriment des États-nations, ces institutions contribuent à l’affaiblissement de la souveraineté et de l’autorité des États.

Selon Attali, elles constituent l’embryon d’un gouvernement mondial.

Certes, mais de quelle autorité dépendent-elles?

C’est là où le bât blesse : publiques ou privées, ces institutions ne relèvent que de leur seule autorité.

Prenant acte que la mise en place d’un gouvernement mondial est impossible, Attali suggère de fusionner le G20 et le Conseil de sécurité des Nations unies."

Il faut tout de même noter que dans ces 20 résultats se trouvent 2 articles qui ne font pas la promotion d’un gouvernement mondial. Le premier est de Claude Vaillancourt, président d’ATTAC-Québec, et a pour titre "G20 : le poids de l’illégitimité". Vaillancourt est tranchant :

"Personne ne se désole vraiment de l’impéritie du G20. L’absence de légitimité du groupe mine à la base toute action qu’il pourrait entreprendre. Alors que plusieurs s’interrogent sur la nécessité d’un gouvernement mondial, un tel club qui s’accorde lui-même, de façon arbitraire, le pouvoir de tout diriger semble l’une des pires propositions."

Le deuxième article qui détonne du lot a été écrit par votre humble serviteur au moment du Sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique en 2009. L’article "Que contient le traité de Copenhague?" qui a été publié dans le Nouvelliste contient les phrases suivantes au sujet du traité de Copenhague :

"C’est la première fois que l’ONU créera, à travers un traité transnational, une entité nommée «gouvernement». Mais ce sont les pouvoirs qui seront éventuellement conférés à ce nouveau «gouvernement», complètement non-élu d’ailleurs, qui effraye le plus. [...] Un gouvernement mondial, une taxe sur le carbone et la possibilité de ne plus jamais en sortir? Pas sûr qu’on ait envie de ça! Comment peut-on signer aveuglément un traité qui a le potentiel d’invalider la souveraineté de chaque nation impliquée?"

Il y a très peu d’articles donc qui soit en désaccord avec l’idée d’un gouvernement mondial ou d’une gouvernance mondiale.

Il s’agit du même constat lorsque que l’on scrute les résultats de recherche avec l’expression "nouvel ordre mondial". On y trouve des titres comme "D’un monde incertain à un nouvel ordre mondial" ou "La crise pour accoucher d’un nouvel ordre mondial", des articles qui traite de façon positive l’idée d’un nouvel ordre mondial incarné par le G20 et autres institutions mondialistes.

Voici une liste non exhaustive des articles faisant allusion au nouvel ordre mondial ou à la gouvernance mondiale qu’on peut lire sur lapresse.ca :

Un gouvernement mondial?
Le monde idéal d’Attali
100 pays en faveur d’une OME
Déclaration finale du G20
Vers un exécutif permanent pour le G20?
Finance: 18 sages proposent une réforme en profondeur
G20: Sarkozy veut réformer le FMI
Ban Ki-moon plaide pour une meilleure gouvernance mondiale
G20: une légitimité incontestable
La revanche (tardive) de Paul Martin
Il s’est passé quelque chose à Washington
Berlin fête les 20 ans de la chute du Mur
Un an après, qu’est-ce qui a changé ?
D’un «monde incertain» à un «nouvel ordre mondial»
La revanche du politique
La surprise de Londres
Tous pour un
1000 milliards contre la crise
La crise pour accoucher d’un «nouvel ordre mondial»
La presse unanime à saluer la victoire historique d’Obama
Villepin propose la création d’un "conseil économique mondial"
Régler un enjeu mondial prioritaire

***

En conclusion, il ne fait aucun doute que monsieur André Pratte travaille pour les intérêts des mondialistes à travers son travail d’éditorialiste en chef et sa participation aux activités des think tanks qui font l’apologie du mondialisme. La famille Desmarais, l’employeur de Pratte a une place privilégié dans les réseaux mondialistes et semble avoir ouvert la porte à leur employé, une porte qui s’ouvre sur le cercle des puissants de ce monde.

Il faut se rappeler que le père d’André Pratte, Yves Pratte, a été un conseiller de Paul Desmarais et un membre du conseil d’administration de Power Corporation. Est-ce une des raisons pourquoi André Pratte est devenu l’éditorialiste en chef de La Presse. Probablement (2).

André Pratte est fédéraliste, mais il est aussi mondialiste. Pourquoi? Parce qu’il sert ses patrons qui sont mondialistes avant tout.

Notes :

(1) Il faut lire The Anglo-american Establishment de Carroll Quigley (version PDF en ligne)

(2) "Le journaliste André Pratte réhabilité" de Robert Dutrizac, publié dans Le Devoir

Club 357c : là où se décide en secret l’avenir du Québec

357c-Article

Par Eric Granger

L’existence du Club le 357c m’était inconnu il y a quatre mois. J’ai découvert que ce club d’élite existait au mois d’août dernier lorsque je faisais une recherche sur  François Legault et la fondation de la Coalition Avenir Québec. Je suis ravi de voir maintenant que l’existence de ce club privé fait maintenant les manchettes grâce à la Commission Charbonneau.

J’ai montré dans mon reportage vidéo François Legault, ce n’est pas du changement que François Legault avait planifié en secret la création de son nouveau parti à l’intérieur des murs du 357c en compagnie de son mentor politique, Lucien Bouchard. Ce n’est pas moi qui l’ai dit en premier, mais plutôt deux journalistes d’expérience du Globe and Mail. Les Perreaux et Rhéal Séguin écrivaient un article le 16 décembre 2011 intitulé « Sovereignty losing ground in Québec » dont je vous traduis ici les deux premiers paragraphes :

« Au début de 2010, dans un club privé exclusif du Vieux-Montréal, Lucien Bouchard rencontrait son ancienne meilleure recrue, François Legault, afin de parler politique et de la nécessité d’un nouveau parti au Québec.

Le club, qui s’appelle le 357c en raison de son adresse vieille de 200 ans sur la rue de la Commune, se qualifie comme un endroit où la pensée créative peut être menée dans le plus grand confort et la plus grande discrétion. Et cette occasion demandait la discrétion. »

J’ose croire que ces deux journalistes du Globe and Mail savent de quoi ils parlent, qu’ils ont obtenu cette information privilégiée d’une façon ou d’une autre. Pourquoi écriraient-ils une telle chose sinon ?

Dire que François Legault a avoué avoir été une fois au 357c et que c’était pour un défilé de mode. Bien sûr, il ment. Il compte sur le fait que les Québécois ne lisent pas le Globe and Mail.

Depuis quelques jours, on apprend grâce à la Commission Charbonneau que beaucoup d’élus ont fréquenté le 357c pour y tenir des réunions discrètes, sinon secrètes.

Jean-Marc Fournier, Line Beauchamp, Pierre Moreau, Tony Tomassi (et bien d’autres libéraux) ont fréquenté le club exclusif.

Cependant, ce qui est intéressant, c’est la quantité de péquistes membres du gouvernement actuel qui ont profité du luxe et de la discrétion du 357c. La première ministre Pauline Marois, le ministre de la santé Réjean Hébert, le ministre des finances Nicolas Marceau et même le ministre des relations internationales, Jean-François Lisée.

Nicolas Marceau a dit y avoir été sur l’invitation du président de la Chambre de commerce, Michel Leblanc, alors qu’il était dans l’opposition. Il ne faut pas se surprendre si le dernier budget du ministre Marceau a rassuré et a plu au milieu des affaires et aux marchés financiers. Ce n’est peut-être pas pour rien que Michel Leblanc a loué le budget Marceau le jour de sa publication. A vous de voir.

Jean-François Lisée, lui, a utilisé la technique classique pour banaliser sa fréquentation douteuse du 357c : la dérision. Sa dernière entrée de blogue a pour titre : « Mes conspirations au 357c ». Son texte vise à atténuer le sérieux de l’affaire en utilisant le sarcasme et l’humour pour ridiculiser tous ceux qui pourrait croire à un copinage quelconque. Dans son texte, il avoue avoir rencontré à plusieurs reprises son ami Lucien Bouchard (encore lui !), il écrit :  « Lui avocat, moi universitaire et blogueur, nous avons conspiré ensemble à deux ou trois reprises. […]Nous avons fait l’un envers l’autre un lobby insistant en faveur de tel livre qu’il faut lire, tel film qu’il ne faut pas voir, tel voyage qu’on voudrait faire ». C’est un peu trop facile comme méthode, et de cette façon, il ne répond à aucune question sérieuse sur le sujet.

Lucien Bouchard est le nom qui revient le plus souvent au sujet du 357c. Pauline Marois l’a rencontré en ces lieux, Lisée bien sûr et il ne faut pas oublier François Legault qui a planifié la création de la CAQ avec ce dernier à l’intérieur du club privé. Et selon les dires de Legault, ça s’est passé pendant un défilé de mode. T’inquiêtes pas, on te croit François…

Bien sûr, il est impossible de savoir ce qui se passe ou se dit vraiment au 357c, car le secret (ou la discrétion si vous préférez) est de mise. Toutefois, ça ne prend pas la tête à Papineau pour voir qu’il y a quelque chose de pas très catholique qui se passe à l’intérieur du superbe immeuble du 357 rue de la Commune. Si la CAQ a été conçue en ces lieux, qui dit que l’avenir même du Québec n’y serait pas décidé aussi ? C’est une forte probabilité qu’il ne faut pas rejeter du revers de la main.

Les membres peuvent être rassurés, la direction du 357c a décidé de changer ses règles et, dorénavant, toutes les listes d’invités aux réunions seront détruites, au grand plaisir des membres qui, cela va de soi, ne conspirent jamais.

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Le PQ agit en gouvernement mondialiste et non pas souverainiste – Libre-échange Canada / Europe

Les mondialistes Jean-François Lisée et Pierre-Marc Johnson

Voici les liens vers les articles et références dans cette vidéo :

Accord UE-Canada : le gouvernement Marois fait confiance à Pierre Marc Johnson
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/10/05/008-accords-europe-johnson.shtml

Accord de libre-échange avec l’UE : le Parti Québécois demande des garanties pour le Québec
http://pq.org/actualite/videos/accord_de_libre_echange_avec_lue_le_parti_quebecois_demande_des_garanties_pour_le_q

Point de presse de M. Amir Khadir, député de Mercier, Mme Louise Beaudoin, députée de Rosemont, Mme Lisette Lapointe, députée de Crémazie, et de M. Pierre Curzi, député de Borduas – Comparution de Pierre Marc Johnson en commission parlementaire
http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-8275.html

Lettre de Jean-François Lisée, directeur exécutif du CÉRIUM
http://www.cerium.ca/Lettre-de-Jean-Francois-Lisee

Raymond Chrétien – Conseil international du Canada
http://www.opencanada.org/about/board-of-directors/

Raymond Chrétien – Commission Trilatérale
http://www.trilateral.org/download/file/TC_list_10-12.pdf

Council on Foreign Relations – Construire une communauté américaine
http://i.cfr.org/content/publications/attachments/NorthAmerica_TF_final_fr.pdf

Conseil canadien des chefs d’entreprises – Les dirigeants d’entreprise considèrent qu’une entente Canada-Europe est plus importante que jamais dans ces temps difficiles
http://www.ceocouncil.ca/fr/news-item/les-dirigeants-dentreprise-considrent-quune-entente-canada-europe-est-plus-importante-que-jamais-dans-ces-temps-difficiles-279

Allocution de Jean Charest devant les représentants de la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni
http://www.mri.gouv.qc.ca/document/spdi/fonddoc/FDOC_alloc_1919_Allocution_20080122.pdf

 

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La CAQ réagit à une vidéo qui la met dans l’embarras

La Coalition Avenir Québec a réagit fortement sur sa page Facebook officielle au sujet d’une vidéo YouTube du DECODEUR média citoyen qui circule allègrement sur les réseaux sociaux. La vidéo intitulée « François Legault, ce n’est pas du changement », produite par Eric Granger, fait la démonstration que la CAQ est une copie du Parti libéral du Québec. Elle montre aussi que François Legault a été influencé par Lucien Bouchard et l’élite canadienne du monde des affaires (avec Paul Desmarais en tête) à fonder un nouveau parti afin de remplacer le PLQ qui est devenu trop impopulaire.

La réaction de la CAQ s’est faite à la suite de la publication de la dite vidéo par un internaute sur la page Facebook officielle de la CAQ. La CAQ a réagit à la publication de cette vidéo avec un long commentaire un peu sarcastique en faisant une comparaison douteuse entre le contenu de la vidéo et le cheminement de Jean-Martin Aussant, chef d’Option nationale (voir la capture d’écran plus bas).

On peut lire dans le commentaire empreint de sarcasme que « Jean-Martin Aussant était le vice-président de la Morgan Stanley Capital International de 2003 à 2005, au moment où les bases de la crise des subprimes, qui a mis à la rue des centaines de milliers de personnes dans le monde, ont été posées par un petit groupe de banquier et d’hommes d’affaires mus par l’appât du gain et les surprofits. En 2008, il est élu député du Parti Québécois, mais il le quitte en 2011, divisant par là même le camp souverainiste, en tentant de faire croire que celui-ci a trahi sa mission. Il fait parti de la tranche des souverainistes radicaux qui ne reculerait devant rien pour plonger le Québec dans le chaos d’un référendum qui n’intéresse plus que 28% des gens. » Malgré que le rédacteur de ce commentaire mentionne que « Nous ne pensons pas un seul mot des propos qui vont suivre, et témoignons notre respect à Jean-Martin Aussant », il est étrange que le rédacteur ait fait une comparaison de ce genre entre le cheminement de François Legault et Jean-Martin Aussant. Ces deux hommes ont un cheminement bien différent et, de plus, Jean-Martin Aussant est loin d’avoir l’establishment canadien du monde des affaires derrière lui et ceci est facile à prouver. Toutefois la vidéo montre bien le lien solide entre l’élite canadienne du monde des affaires et François Legault de la CAQ. Le cofondateur de ce parti, Charles Sirois, est quand même le président du conseil d’administration de la deuxième banque canadienne en importance, la CIBC.

La conclusion du commentaire est plutôt virulente à l’endroit de l’internaute (et du producteur de la vidéo semble-t-il) : « Nous allons nous arrêter là, mais au lieu de traiter le monde naïf, travailler à faire votre tête comme vous le voulez et ne polluez notre page avec vos sources partisanes et manipulatrices. Si vous pensez réellement que PLQ et CAQ ont le même programme, c’est que vous n’avez pas fait votre devoir de citoyen et n’avez pas lu les deux plateformes. En conclusion, vous êtes un simple perroquet dogmatique. »

Pourtant si l’on regarde attentivement la vidéo (et si on lit les deux programmes), les similitudes entre les deux programmes sont flagrantes, tout spécialement sur le fond. Certes, ils sont un peu différents sur la forme et sur certaines politiques pour allécher les électeurs (exemples : allègement fiscal de 1 000 $ pour la famille de la CAQ pendant que le PLQ offrira 100$ par enfant aux familles pour la rentrée scolaire). Au-delà de ces différences cosmétiques, les programmes sont identiques sur le fond idéologique.

Du moins, en conclusion, une chose est certaine : la CAQ n’a vraiment pas apprécié le contenu de cette vidéo. Et si on se fie à la force de la réaction donnée par la CAQ, il se peut bien qu’il y ait beaucoup plus de vrai que de faux dans cette vidéo du DECODEUR média citoyen.

Merci à l’internaute Chuck Pépin d’avoir relayé cette information.

Voici la capture d’écran du commentaire de la CAQ :

Voici la vidéo en question :

François Legault, ce n’est pas du changement (VIDEO)

François Legault prétend incarner le véritable changement en politique. Mais est-ce que François Legault représente vraiment le changement ? C’est évident que non ! Legault est exactement comme Jean Charest et il est au service de la même élite canadienne. Il a les mêmes maîtres que Jean Charest. Il travaille pour les très riches et les très puissants.

Elections Québec 2012 : humour de campagne

Arrêtez-moi quelqu’un! : mouvement populaire de désobéissance de la loi 78

Un site web a été mis en ligne récemment pour promouvoir la lutte populaire contre la nouvelle loi 78, la loi spéciale du gouvernement Charest pour tenter de mettre fin au conflit étudiant. Sur la page d’accueil du site, on peut lire ceci : "Nous nous engageons à continuer à lutter; à rester mobilisé·e·s, en vertu des libertés fondamentales. Si cela nous vaut des poursuites pénales en vertu de la loi 78, nous nous engageons à y faire face."

Ce site web a pour titre : Arrêtez-moi quelqu’un!

La mise en page du site est simple : il s’agit d’une mosaïque de photographies prises par des citoyens qui tiennent un message dans leurs mains, des messages qui appellent à désobéir à la loi 78.

Le site explique pourquoi il faut désobéir à la loi 78 et il contient également une déclaration que l’on peut lire ici : http://www.arretezmoiquelquun.com/pages/declaration

Lien vers le site : http://www.arretezmoiquelquun.com

Un extrait de la déclaration :

"Nous,
étudiants et étudiantes,
travailleurs et travailleuses,
citoyens et citoyennes,

Avons pris connaissance de la loi 78, adoptée par l’Assemblée nationale du Québec le 18 mai 2012. Adoptée au 95e jour d’une lutte étudiante déjà historique, la loi spéciale a manifestement comme objectif d’étouffer cette mobilisation.

Depuis son adoption, le vocabulaire de l’indignation a été épuisé à son égard. Juristes, artistes, éditorialistes, intellectuel-e-s et personnalités de tous les milieux ont unanimement dénoncé cette attaque frontale aux droits fondamentaux et inaliénables que sont la liberté d’expression, d’association et de manifestation. Malgré l’unanimité et la force des condamnations, le gouvernement du Québec garde le cap et refuse d’abroger sa loi injuste. Devant cet entêtement à fouler au pied les principes fondamentaux de toute démocratie, il importe maintenant de passer à l’action: cette loi doit être bloquée.

Dans une situation d’injustice, l’inaction est synonyme de complicité. Se soumettre à cette loi, c’est l’accepter. Accepter cette loi, c’est sanctionner son contenu. Nous assistons actuellement à un face à face historique entre le gouvernement et la jeunesse. Le pouvoir nous regarde, attentif. Cette loi est un test. Si nous nous y soumettons, nous reconnaissons l’efficacité de sa répression: le gouvernement gagne. S’il gagne une fois, il refera le coup. Nous ne pouvons pas ouvrir la porte à cette possibilité."

Les Desmarais mentent : c’est la famille la plus influente du Canada

Paul Desmarais Jr

Par Eric Granger | Les manifestants anticapitalistes qui ont tenté de perturber l’assemblée annuelle des actionnaires de Power Corporation le 15 mai dernier devant l’hôtel InterContinental de Montréal avaient bien raison de le faire. Pourquoi ? Car la famille Desmarais (propriétaire de Power Corp.) est la plus riche du Québec, la plus influente du Canada et elle est responsable de l’orientation économique et politique du pays depuis des décennies.

 Après la manifestation, Paul Desmarais fils a eu le culot de dire qu’il était « ridicule » de penser que sa famille puisse « tirer les ficelles » dans le monde politique. Ce qui est ridicule, c’est de penser que les Québécois le croiront sur parole. Et pourtant, dans le milieu économique, politique et même médiatique du Canada, tout le monde sait que les Desmarais sont des faiseurs de rois. Particulièrement, lorsqu’on parle du patriarche Paul Guy Desmarais. Vous n’avez qu’à demander au célèbre journaliste canadien Peter C. Newman qui surnommait Desmarais père le « roi Paul » et « le titan des titans » dans son livre The Canadian Establishment: The Titans.

Il est pourtant de notoriété publique que Desmarais père a réussi à mettre au pouvoir les premiers ministres canadiens Pierre Trudeau, Brian Mulroney, Jean Chrétien et Paul Martin de façon successive.  Depuis que Desmarais est devenu propriétaire de Power Corp., avec l’aval de l’establishment canadien anglo-saxon, ce dernier a exercé une influence dominante sur le calendrier politique et économique du Québec et du Canada.

Selon Jean-François Lisée et son livre « Dans l’œil de l’aigle », la campagne électorale de Trudeau de 1968 a été planifiée dans les bureaux de Power. Trudeau fut ensuite élu premier ministre.

Brian Mulroney, lui, a été à l’emploi de Power au début de sa carrière et, selon l’aveu de ce dernier, Desmarais est son mentor et son meilleur ami. Desmarais a financé et planifié les campagnes de Mulroney pour la chefferie du Parti Conservateur et les deux élections qui ont fait de lui le premier ministre du Canada pendant 8 ans.

Jean Chrétien est carrément devenu un membre de la famille Desmarais lorsque sa fille France a marié le fils de Paul, André Desmarais. Quand Chrétien a été élu à la tête du Canada, il était accompagné à son assermentation par la famille Desmarais au complet.

Paul Martin a débuté sa carrière chez Power. Desmarais a permis à monsieur Martin de devenir très riche en lui permettant d’acheter facilement une filiale de Power Corp, soit la grosse entreprise de transport Canada Steamship Line. En 2003, il a été élu aux commandes du Canada.

Au Québec, on sait aussi que Robert Bourassa ne prenait pas beaucoup de décisions sans consulter d’abord Paul Desmarais à qui il parlait régulièrement au téléphone.

Jean Charest, qui rêvait de devenir premier ministre du Canada, a dû oublier son rêve quand Desmarais lui a plutôt « conseillé » de quitter le Parti progressiste conservateur, de prendre la tête du Parti Libéral du Québec et ainsi devenir le premier ministre d’une simple province.

Stephen Harper n’a peut-être jamais travaillé pour Power, mais son gouvernement est tout de même fortement influencé par l’Empire Desmarais. Par exemple, le ministre des finances Jim Flaherty participe à chaque année à la Conférence de Montréal (Forum économique international des Amériques) qui est organisée par la famille Desmarais. Lors de ces conférences, les membres les plus influents du monde des affaires font leurs « suggestions » pour l’avenir économique et politique des Amériques, ce qui inclut le Canada. Etrangement, ces « suggestions » sont ensuite appliquées à la lettre par le gouvernement canadien.

Stephen Harper, lors d’un discours donné au Council on Foreign Relations à New York en 2007, a révélé qui dicte véritablement les politiques économiques en Amérique du Nord. Il a dit ceci :

« Au sommet nord-américain de Montebello, les dirigeants des secteurs privés américains et canadiens nous ont exhorté à faire le lien entre la sécurité et la propsérité. Ils nous ont dit que sans le « ET », nous n’aurons ni l’un ni l’autre. »

Cette affirmation est grave et ressemble davantage à une menace qu’un conseil. Les secteurs privés dont Harper faisait mention parlaient d’une seule voix à travers le Conseil nord-américain de la compétitivité (CNAC) qui rassemble les dirigeants des plus grandes multinationales nord-américaines. Paul Desmarais Jr et Michael Sabia (président de la Caisse de dépôt) font partie de la liste des membres du CNAC.

Le ministre des finances Jim Flaherty avait d’ailleurs demandé à Paul Desmarais Jr ce qu’il devait faire après le déclenchement de la crise économique en 2008. C’est lui-même qui le disait lors d’un discours à la Conférence de Montréal de 2011 :

« À l’image des possibilités d’échanges essentielles que les conférences comme celle-ci offrent, nous avons saisi cette occasion, à la fin de 2008, pour demander conseil à des gens d’affaires éminents du Canada – tels que Paul Desmarais fils et le Conseil consultatif sur l’économie – quant aux moyens d’intervenir face à cette crise qui provenait de l’extérieur du Canada. »

Jean Charest et Paul Desmarais Jr

Jean Charest est également influencé par la famille Desmarais. En fait, ce sont des amis. Mais pour donner un autre exemple concret, Charest participe aussi régulièrement à la Conférence de Montréal. Lors de l’édition de 2009, la conférence était intitulée : « Comment s’adapter au Nouvel ordre mondial ». Jean Charest y a fait un discours dont les premiers mots étaient ceux-ci :

« J’aimerais également saluer Paul Desmarais Jr et Hélène Desmarais qui sont aussi, il faut le dire pour ce 15e anniversaire, beaucoup les inspirateurs de cette conférence qui a lieu sur une base annuelle. »

André Desmarais est quant à lui membre de la Commission trilatérale, un think tank mondialiste très puissant et est aussi au conseil d’administration du Conseil international canadien, un autre think tank qui « conseille » les politiciens canadiens sur les décisions à prendre. Paul Desmarais Jr est sur le conseil d’administration du Conseil canadien des chefs d’entreprise, un organisme qui fait des recommandations au gouvernement canadien sur les politiques économiques à implanter.

Voilà donc une toute petite démonstration du pouvoir qu’exerce la famille Desmarais sur l’avenir économique et politique du Canada, de l’Amérique du Nord, voire du monde.

Alors, lorsque Paul Desmarais Jr nous dit qu’il est « ridicule » de croire que sa famille « tire les ficelles » du monde politique, nous pouvons nous permettre d’en douter fortement. En fait, c’est tout le contraire.

Les Desmarais sont très influents, très très influents !

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En complément : Discours de Jean Charest à la Conférence de Montréal 2009

Pourquoi pas un peu d’humour!

Conflit étudiant | La dernière « offre » du gouvernement : un cadeau empoisonné

Par Eric Martin

Comme il semble y avoir eu certaines irrégularités dans le processus de négociation, nous parlerons ici d’une offre gouvernementales plutôt que d’une entente négociée.

Le gouvernement garde le cap sur la hausse mais propose d’instaurer un comité qui évaluerait l’utilisation des ressources dans les universités. Les économies réalisées pourraient réduire les frais afférents et compenser la hausse des frais de scolarité. L’affaire peut sembler sympathique. Mais cette concession apparente est, encore une fois, un cadeau empoisonné.

D’une part, le gouvernement ne recule pas sur la hausse et réussit à en faire reconnaître la légitimité, alors que cette mesure injuste et antisociale a été justifiée par un prétendu sous-financement complètement fallacieux. La hausse est maintenue comme s’il s’agissait d’une fatalité cosmique.

[Lire l'article sur iris-recherche.qc.ca >>>]

Comprendre la hausse des frais de scolarité au Québec

Eric Granger

Par Eric Granger | Voici quelques informations afin de mieux comprendre la hausse des droits de scolarité au Québec. D’où ça vient ? Pourquoi ? Pour qui ? Et quel sera le prix à payer pour les étudiants ?

Ce que vous apprendrez dans ce reportage :

Qui propose vraiment la hausse des droits de scolarité ?

Qu’est-ce que le Remboursement proportionnel au revenu ?

Quelles sont les conséquences de ces réformes pour les étudiants ?

Vous pouvez regarder toutes les capsules vidéo de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) incluses dans cette vidéo sur la chaîne YouTube officielle de l’IRIS : http://www.youtube.com/user/IRISrecherche

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La privatisation mondiale de l’éducation : Jean Charest au service d’une élite mondialiste

Par Eric Granger | La hausse des droits de scolarité au Québec s’insère dans un processus de privatisation mondiale de l’éducation, un processus dicté par une élite mondialiste dont Jean Charest fait partie.

Line Beauchamp (Ministre de l’éducation) et Jean Charest (PM) Photo : Agence QMI

L’entêtement du gouvernement Charest à vouloir augmenté les droits de scolarité, à bonifier les prêts étudiants et à instaurer un régime de remboursement proportionnel au revenu (RPR), cet entêtement est facile à comprendre lorsqu’on regarde de plus près d’où proviennent ces idées de réformes de l’éducation. Il ne s’agit pas d’idées qui sont sorties du cerveau du Premier ministre ou de la ministre de l’éducation, ces idées viennent de l’extérieur, ces réformes ont été conçues loin du Québec, dans des institutions internationales à vocation de mondialisation. Le gouvernement du Québec suit un plan, un modèle concocté dans les grandes universités mondialistes comme la London School of Economics et promu par des institutions internationales toutes puissantes telles le Fond monétaire international, la Banque mondiale et l’OCDE. Ce modèle a été fabriqué sur mesure pour satisfaire les besoins de l’entreprise privée (lire multinationales) et on peut aisément le décrire comme une privatisation mondiale de l’éducation supérieure. Le Premier ministre Jean Charest est quant à lui un complice enthousiaste de cette privatisation à l’échelle mondiale.

De l’Angleterre au reste du monde

Le programme mondial de privatisation du financement de l’éducation a débuté en Angleterre en 1998. Le gouvernement britannique avait à cette époque implanté le remboursement proportionnel au revenu. Ce concept qui a d’abord été mis de l’avant par l’économiste Milton Friedman a été repris par un autre : Nicholas Barr. Nicholas Barr est un professeur d’économie à la London School of Economics, il est un boursier Fulbright, il a travaillé pour la Banque mondiale, le FMI et il défend depuis les années 80 l’idée d’une privatisation du financement de l’éducation supérieure. Il fait également la promotion du remboursement proportionnel au revenu (RPR) pour s’acquitter d’une dette étudiante. Il a publié plusieurs ouvrages et articles à ce sujet. Dans un article publié en 2005 dans la revue Finance et développement (une publication mensuelle du FMI), Barr écrit : « Les réformes entreprises en Grande-Bretagne peuvent servir d’exemple à d’autres pays ». Il propose d’abord de décentraliser le financement (dehors le gouvernement, bienvenue secteur privé). Il propose, en deuxième lieu, de transférer aux étudiants le coût des études. Ces derniers  devront s’endetter auprès de banques privées pour les payer. Et troisièmement, il suggère l’implantation d’un RPR pour rembourser la dette.

Selon Barr, le RPR permet de maintenir l’accessibilité aux études supérieures pour les moins fortunés. Il s’agit d’une logique douteuse. Selon lui, les diplômés qui auront un faible revenu annuel ne seront pas pénalisés puisqu’ils rembourseront leurs prêts en fonction d’un pourcentage de leurs revenus. Cependant, ils rembourseront pour une durée beaucoup plus longue leurs prêts étudiants. Dans cette même logique, Barr affirme que l’on peut ainsi augmenter les droits de scolarité et même les intérêts sur les prêts, la durée du remboursement sera tout simplement prolongée. Barr oublie de mentionner dans toutes ses publications que plus on prend du temps à rembourser un prêts, plus on paie d’intérêts aux banques. Donc, un diplômé pourrait se retrouver à payer deux fois le montant utilisé pour faire ses études. Et Barr oublie aussi de mentionner que l’endettement étudiant sous cette forme se traduit en un véritable esclavage bancaire. En fait, c’est probablement ce qu’il souhaite en secret.

Nicholas Barr, dans son article cité plus haut, ose se justifier en écrivant que « l’éducation tertiaire est souvent présentée comme un droit qui, en tant que tel, devrait être financé par l’État. L’alimentation est, elle aussi, considérée comme un droit fondamental, mais personne ne voit d’inconvénients à ce que les aliments aient un prix. » Sauf que dans la société, les riches mangent du caviar et que les pauvres se contentent de patates bouillies. C’est et ce sera la même chose dans le cas de l’éducation.

Les mesures prônées par Nicholas Barr et les institutions mondialistes qui payent son salaire ont été implanté en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis pour ne nommer que ceux-là et elles font maintenant leur entrée au Québec

Le cas du Québec

Au Québec, une réforme du régime de prêts et bourses a été entreprise en 2003-2004 afin de le privatiser. Cette année-là, 103 millions de dollars de bourses ont été convertis en prêts. De plus, ces prêts devaient à l’avenir être contractés auprès des institutions financières privées du Québec, des prêts qui sont garantis aux banques par le gouvernement en cas de non-paiement. Une contestation étudiante a pris forme en 2005 pour dénoncer cette hausse des prêts. La FEUQ et la FECQ ont alors négocié une entente avec le gouvernement et le montant des prêts a été ramené, en 2006-2007, au niveau précédent la réforme. Toutefois, les étudiants se sont endettés pour environ 140 millions de dollars de plus durant cette période. Cependant, la privatisation de l’endettement est restée intacte. Les étudiants doivent toujours emprunter aux banques privées pour financer leurs études. Le gouvernement garantit encore les prêts aux institutions financières. Ce sont des prêts sans risques pour les banques, gracieuseté du gouvernement Charest. Evidemment, les banques sont contentes.

Aujourd’hui, nous sommes témoins de la deuxième phase de cette privatisation. Le gouvernement Charest, dans la dernière proposition faites aux étudiants en grève, veut maintenant augmenter de nouveau les prêts étudiants et instaurer le RPR.  Selon le communiqué émis par le gouvernement, « tous les étudiants dont le revenu des parents n’excède pas 100 000 $ bénéficieront d’un prêt permettant généralement de couvrir les droits de scolarité et le coût du matériel scolaire. En 2016-2017, ce montant sera de 4 678 $ pour 30 crédits ». Aussi, « les étudiants de la classe moyenne se verront accorder un prêt additionnel de 2 850 $ ». Donc, « ces deux mesures permettront d’accorder annuellement des prêts additionnels à plus de 50 000 étudiants. »

En sommes, plus d’étudiants s’endetteront et leurs dettes finales seront plus élevées.

Pour bien comprendre ce qu’il en est, il faut se référer aux excellentes recherches de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), en particulier les travaux d’Eric Martin et de Simon Tremblay-Pépin. Eric Martin explique bien sur son blogue de l’IRIS comment le RPR est une mesure dangereuse. Il cite l’économiste Claude Montmarquette, une référence privilégiée du gouvernement Charest :

« Un autre avantage est que le système RPR permet d’accroître les montants de prêts ou l’endettement des étudiants. En d’autres termes, si une contribution financière supérieure est demandée aux étudiants, le RPR est le système qui facilite cette décision. Soulignons que le RPR n’entraîne pas une hausse des frais de scolarité, mais le RPR est la meilleure façon d’y faire face sans compromettre l’accessibilité aux études. »

Monsieur Martin cite également avec justesse le Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études :

« L’expérience étrangère montre que la mise en place d’un système RPR est souvent couplée à une hausse des frais de scolarité. Claude Montmarquette (rencontre du 17 octobre 2001 avec le CCAFE) pense, d’une part, que la hausse des frais de scolarité québécois est incontournable et que, dans ce cas, le système RPR est la meilleure forme qui soit pour en faciliter le remboursement. Il est simple de retourner l’argument : si le RPR assure une grande flexibilité de remboursement des emprunts et comme les syndicats étudiants sont favorables à l’implantation de ce système, il n’existe plus aucune barrière à l’augmentation des frais de scolarité une fois que le RPR est mis en place. »

En somme, Eric Martin décrit bien ce que représente véritablement le RPR et il voit juste lorsqu’il écrit que « le RPR est loin d’être une mesure d’aide aux étudiants. Il s’agit d’un morceau essentiel d’un nouveau dispositif de financement qui repose sur l’augmentation de l’endettement étudiant ». On peut citer l’Angleterre en exemple qui, après avoir instaurer le RPR, a procéder à plusieurs augmentations des frais de scolarités au détriment des étudiants britanniques qui ont vu leur endettement exploser.

L’IRIS a également publié le 8 mai 2011, une excellente recherche sur l’augmentation des droits de scolarité. Dans cette étude, intitulée « Faut-il vraiment augmenter les frais de scolarité? Huit arguments trompeurs sur la hausse », les chercheurs Eric Martin et Simon Tremblay-Pépin détruisent un à un les arguments du gouvernement Charest. En voici quelques-uns :

1-      Le gouvernement affirme que les universités sont sous-financées alors qu’elles souffrent plutôt d’un malfinancement, c’est-à-dire d’une mauvaise répartition des ressources.

2-       Le gouvernement affirme que ce (prétendu) sous-financement menace la qualité de l’éducation et la valeur des diplômes alors que c’est la nouvelle vocation commerciale (privatisation) des universités qui réduisent l’éducation à une marchandise plus coûteuse et moins riche en contenu.

3-      Selon le gouvernement, la hausse des droits de scolarité va renflouer les coffres universitaires, mais en fait, il s’agit plutôt d’une transition d’un mode de financement publique à celui d’un financement privé.

4-      Le gouvernement soutien qu’en payant plus de droits de scolarité, les étudiants feront leur juste part. En réalité, les étudiants feront plus que leur juste part, car ces derniers devront travailler deux fois plus longtemps pour payer leurs études que dans les années 1970.

5-      Le gouvernement ose dire que la hausse n’aura pas d’effet sur la fréquentation universitaire et, pourtant, si le Québec était conforme à la moyenne canadienne, 30 000 étudiants (qui sont aux études présentement) n’auraient pas les moyens d’aller à l’université.

6-      En définitive, l’étude de l’IRIS montre que la gratuité scolaire est relativement peu couteuse et que son financement public est socialement équitable, alors que le gouvernement ose dire qu’il s’agit d’un projet irréaliste et potentiellement injuste pour la société.

A la lumière de ces informations, nul ne peut douter que le gouvernement Charest suit un modèle concocté par des économistes mondialistes qui doivent leur allégeance à des institutions internationales puissantes et non pas au peuple étudiant québécois. Les étudiants devront peut-être bientôt s’endetter pour la vie sans avoir l’assurance d’obtenir un emploi stable et bien rémunéré en cette période d’incertitude économique qui risque fort de se prolonger.

Le secteur privé se réjouit

Lorsque le gouvernement Charest a annoncé au début du mois d’avril qu’il bonifiait le programme de prêts et bourses et qu’il mettait en place le remboursement proportionnel au revenu, la chambre de commerce de Montréal s’est tout de suite réjouit ! En effet, cette dernière a émis un communiqué de presse dans lequel son président, Michel Leblanc, a félicité « la ministre de l’Éducation et le ministre des Finances d’avoir pris cette décision éclairée qui vient consolider l’accessibilité aux études supérieures ». C’est sûr que monsieur Leblanc était content car, comme il le dit dans le communiqué, « La Chambre proposait la mise en place d’un tel mécanisme en 2010 dans le Pacte pour un financement concurrentiel de nos universités ». C’est ce document, le Pacte pour un financement concurrentiel de nos universités, qui est derrière la décision du gouvernement de réformer le financement de l’éducation au Québec. Ce document a été signé par les individus suivants :

M. Michel Audet, ex-ministre des Finances du Québec

 Me Lucien Bouchard, ex-premier ministre du Québec

 M. Joseph Facal, ex-président du Conseil du trésor

 Mme Monique Jérôme-Forget, ex-ministre des Finances du Québec et ex-présidente du Conseil du trésor.

Mme Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec

M. Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec

M. Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Mme Julie Bouchard, ex-présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM

 M. Youri Chassin, ex-président de la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS), ex-vice-président aux Affaires universitaires de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et ex-membre du Conseil permanent de la jeunesse

M. Hugo Jolette, ex-président de l’Association générale étudiante de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (AGEUQAT) et ex-trésorier de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ)

M. Patrick Lebel, ex-président de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) et du Conseil permanent de la jeunesse.

Étrangement, ce sont ces mêmes signataires qui publiaient le 2 mai dernier une lettre dans les quotidiens québécois dans lequel ils ont osé écrire : « Il est plus que temps de se ressaisir : il faut rétablir l’ordre, les étudiants doivent retourner en classe et tous les efforts doivent être déployés pour sauver une session déjà terriblement compromise. Voici une situation où, au-delà de toute allégeance politique, la population doit donner son appui à l’État, ultime responsable de la paix publique, de la sécurité des personnes et de l’intégrité de nos institutions. »

Oui, le secteur privé se réjouit…, mais pas trop en ce moment.

Des arguments mondialistes

Selon l’aveu même du gouvernement Charest, la hausse des droits de scolarité est mise en place dans le but de permettre aux universités québécoises d’atteindre un niveau de « classe mondiale ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Martin Lavallée, candidat à la maîtrise en histoire à l’UQAM, l’explique bien dans un article publié le 1er mai dernier dans le Huffington Post. Il explique que, selon la Banque mondiale, une université de calibre mondial en est une qui produit du « capital humain » destiné à un marché du savoir international au service de l’entreprise privée (les multinationales). Monsieur Lavallée pose la bonne question : « La question est de savoir si les étudiants québécois sont prêts à payer davantage uniquement pour que leurs universités soient reconnues internationalement par une minorité d’individus se basant sur les critères d’un marché mondial néolibéral et pour répondre aux besoins des entreprises privées. Dans le débat actuel sur la hausse des droits de scolarité, cet enjeu fondamental mérite d’être davantage discuté. »

Comme je l’ai mentionné au début de cet article, la privatisation du financement de l’éducation (et du système en général) n’est pas une idée québécoise mais mondialiste. Monsieur Lavallée est visiblement d’accord avec ce constat facile à faire et il conclue son article ainsi : « Le problème qui se pose lorsqu’on veut connaître le bien-fondé de la hausse des droits de scolarité, c’est de savoir si la population québécoise est en accord avec l’orientation donnée à sa société et à son système d’éducation par notre gouvernement, orientation qui n’émane visiblement pas d’elle, mais plutôt d’une élite mondialisée qui poursuit ses propres objectifs. »

Conclusion

La privatisation mondiale de l’éducation est un fait. C’est un processus qui arrivera bientôt à son aboutissement si rien n’est fait pour l’arrêter. Cette privatisation est commandée par une élite mondialiste qui opère sur toutes les facettes de la vie humaine. Une énorme majorité des gouvernements du monde entier sont infiltrés, voire dominés par des agents de cette élite mondialiste ; de plus, les institutions mondialistes comme le FMI, la Banque mondiale, l’OCDE et de nombreux think tanks travaillent au-dessus des gouvernements et dictent la marche à suivre.

Il est temps pour le peuple québécois de prendre en main l’avenir de l’éducation au Québec et de l’arracher des griffes du secteur privé qui ne travaille que pour ses propres intérêts et que pour ceux d’une élite impitoyable assise confortablement tout en haut de la pyramide planétaire. Ceci nécessitera probablement la création d’un nouveau pays libre du mondialisme, le pays du Québec.

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Comprendre la hausse des droits de scolarité

Voici un reportage vidéo produit par Le DECODEUR afin de mieux comprendre la hausse des droits de scolarité au Québec. D’où ça vient ? Pourquoi ? Pour qui ? Et quel sera le prix à payer pour les étudiants ?

La privatisation du système de prêts et bourses au Québec : les banques rigolent et encaissent !

Par Eric Granger | Le mouvement de grève étudiante qui submerge le Québec en ce moment me permet de parler d’un sujet qui me fait grincer des dents depuis longtemps. Un sujet qui, étrangement, semble être passé sous le radar de tous les militants de la cause étudiante. Je parle de la privatisation du système de prêts et bourses.

Voici comment la privatisation s’opère : maintenant au lieu de s’endetter envers le gouvernement qui normalement se ferait rembourser (avec intérêts), l’on s’endette aujourd’hui auprès des institutions financières. Qui plus est, le gouvernement garanti aux banques le paiement des intérêts. D’abord durant la période de « remboursement différé », puis lorsque la dette ne peut être payée par l’étudiant à long terme, le gouvernement règle la note et paye la banque avec les intérêts en plus monsieur !

On peut le dire : les banques rigolent et encaissent !

Il s’agit d’une opération sans risque pour les institutions financières car en cas de non-paiement, le gouvernement (les contribuables) paye la facture.

Il faut aussi savoir que l’étudiant se fait d’abord prêter le montant en entier de son aide financière par une institution financière et ensuite le gouvernement convertit une partie de ce prêt en bourse. En somme, le gouvernement paye la somme aux banques lors de cette conversion. La banque gère complètement le système d’aide financière aux étudiants.

C’est pourquoi je ris jaune lorsque je lis sur le site web de l’Aide financières aux études du Québec que le gouvernement donne un « certificat de garanti » pour les prêts étudiants comme si celui-ci était adressé aux étudiants. Le « certificat de garanti », c’est aux banques qu’il faudrait le donner ! Car c’est bien eux qui se font garantir un investissement sans risque.

Si j’étais encore plus direct, je dirais que ce sont les institutions financières qui ont conçu la réforme des prêts et bourses et que le gouvernement du Québec l’a tout simplement implantée.

Cela veut dire que le contribuable est perdant sur tous les aspects.

J’implore donc les militants étudiants à dénoncer la privatisation de l’endettement étudiant.

La hausse des frais de scolarité et le système de prêts et bourses ne profite donc qu’aux institutions financières et le contribuable (la classe moyenne) doit payer l’addition.

Il faut renverser la privatisation du système d’éducation qui s’opère à tous les niveaux.

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